Vous voulez savoir? C'est épuisant d'être obsédée par Bob Dylan. J'ai tellement envie d'en parler en permanence que je finis par garder un silence religieux de peur de ne plus réussir à endiguer la coulée de lave (j'ai dit LAVE!) la première parole échappée de ma bouche. Il y a tant de chansons géniales et complètement différentes qu'il me faudrait douze mille oreilles pour pouvoir écouter tout ce que j'ai envie d'écouter en même temps.
Alors comme moyen de réaliser virtuellement ces désirs qui se font quicher la tronche par le principe de réalité (quel farceur, ce Freud!), je n'ai trouvé que ça: faire une liste de touuutes les chansons qui me rendent de plus en plus gravement totale-monomaniaco-fanatique (mais SEULEMENT celles-là!), avec des liens pour que vous puissiez en profiter, tant qu'à faire: on n'est pas des bêtes!
Tout classement dépend d'une humeur hyper versatile, et les chronologies, ça m'emmerde, alors tout sera dans le désordre, au fil de ma mémoire immédiate.
It's Alright, Ma (I'm only bleeding)
Father Of Night
I Want You
Mr Tambourine Man
Series of Dreams
Sign On The Window
Sad-Eyed Lady of the Lowlands
Desolation Row
Love Minus Zero/No Limit
Nobody 'Cept You
Isis
Someday Baby
Dignity
Sara
4th Time Around
Just Like A Woman
New Morning
Highway 51 Revisited
Tombstone Blues
All I Really Wanna Do
Rainy Day Women # 12 & 35
Suze
Girl From The North CountrySaved
Honest with Me
Floater (Too Much To Ask)
Not Dark Yet
Tell Ol' Bill
Song To Woody
You Ain't Goin' Nowhere
Like A Rolling Stone
A Hard Rain's A-Gonna Fall
Dirt Road Blues
The Lonesome Death of Hattie Carroll
Rollin' and Tumblin'
Ballad of a Thin Man
Man of Constant Sorrow
Don't Think Twice, It's Alright
Man In The Long Black Coat
One More Cup Of Coffee
Tangled Up In Blue
Love Sick
Things Have Changed
Pressing On
The Levee's Gonna Break
Thunder On The Mountain
Shelter From The Storm
Et je ne connais pas encore tous les albums... I should have known: quand on s'aventure chez Dylan, on s'en prend pour dix piges, voire toute la vie. C'est pas moi qui le dis, c'est les rock critics.
J'aime que sur
Isis, il joue de son harmonica à trois mètres du micro, qu'il ait du blanc plein la figure, et jette violemment son texte ("
-If you want me to -YEEES!"), accompagné du violon de la gitane qu'il a ramassée dans la rue, que quand il chante
Mr Tambourine Man ce soit un véritable ravissement et que tout le monde ait l'air en transe, qu'il nous transporte si loin dans le passé du blues, de la country et du rock aves ses derniers albums, qu'en fermant les yeux on se retrouve dans une décapotable sur une de ces immenses autoroutes américaines par un jour de grand ensoleillement général avec
I Want You, ou en train de gravir une montagne d'Amérique du Sud en écoutant
Desire, que ses premières ballades soient si dures et ses dernières romances si douces, qu'il donne envie de lire Kerouac, Shakespeare, la Bible, Ginsberg, et T. S. Eliot quand il nous balance
Desolation Row et
Highway 51 Revisited, qu'il ne supporte pas qu'on l'étiquette, que sa voix change à chaque album, que la longueur de ses chansons explosent le format radio 3'12, que ses textes soient tellement déments qu'ils me donnent envie de m'arracher le cerveau à essayer de les traduire, qu'il écrive des poèmes total-azimutés et une autobio bondissante, et que les gens croient qu'il est mort. J'aime que vous ne l'aimiez pas parce qu'il vous faut des voix mielleuses pour vous détendre l'esprit. J'aime ne pas pouvoir faire autre chose quand j'entends les chansons de Bob Dylan, parce que sa musique n'est pas pur divertissement. J'aime son sens de l'absurde et de la répartie, sa nonchalance crâne face aux journalistes, son élégance, sa peau de parchemin, la dureté glaciale de son regard, et sa diction précipitée.
Ouais, je suis fascinée par les vieux troubadours, quoi.