And I don't write better when I'm stuck in the ground.

And I don't write better when I'm stuck in the ground.
Ou "Prométhée dans la Mythologie des Strokes", j'ai mon sujet de Master.

Mes doigts sont morts pendant que j'attendais trois heures à la bibliothèque pour écouter Diderot se la jouer cynique à la Voltaire quant aux liens d'amitié qui unissent les chiens et les hommes, tout ça pour balancer une mauvaise pique à Rousseau qui écrivait que l'amitié de son chien valait mieux que l'amitié de ses contemporains, vile plaisanterie de Monsieur Encyclopédie donc, qui fit entrer une contradiction dans sa pensée générale concernant le règne animal. Et on dit bravo Denis. Voltaire, au moins, savait rester cohérent quand il vomissait sur la gueule de ses potes à jabots clignotants. Après avoir entendu parler des chats, chiens, boucs et chèvres dans l'art pictural du XVIIIème siècle, je suis rentrée chez moi enterrer mes doigts en me demandant si vraiment, je n'avais pas un peu perdu mon temps ce mardi après-midi. Même le CM en Champollion eût été plus passionnant.

Avenue St Jacques,
des organes passèrent en trombe.

Ma vie flirtant légèrement avec le carnavalesque - j'attrape des bonnes notes en latin, des piteuses en anglais, une femme me fait la cour, les hommes me saluent dans la rue, j'adore mon frère... -, j'ai décidé cette année de me rendre à Dunkerque lors des festivités arrosées pas qu'à la pluie. Il me faudrait trouver compagnons de route, car à plusieurs, on se défendra mieux contre les éventuels bandits et gueux des grands chemins qui pullulent en ces tristes temps de dépression; et puis le saucisson partagé est toujours plus gouteux.

Je passe vendredi à Lille: pourvu qu'il pleuve, car il y a bien longtemps que je n'ai respiré l'odeur énorme de la flotte lilloise...

Merci de votre attention, Ange d'Albion.

# Posté le mercredi 10 décembre 2008 13:08

Que mes chers hôtes profitent de mes vadrouillerrances youtubesques!

Klaus Nomi, Lightning Strikes, 1982.

# Posté le samedi 06 décembre 2008 05:33

I'm Appaloosing-ing-ing-ing-ing-ing-ing----- *t's all in your mind, ye know!*

Voilà deux jours que je voltairise ma plaie grammaticale à donf. Ce soir, à 19h10 exactement, le monde des contes puériles du grand monsieur qui a le même menton que le mien a pris fin. Alors, il fallait quelque chose pour faire le lien violemment, entre ce week-end en solitaire - pincement au coeur en voyant Camille toute pimpante, se précipiter dans les bras de son mousse, j'vous jure! - qui s'annonçait si bien et en même temps tout plein de morceaux de lexicologie, de restes de dérivations suffixales exocentriques, comme les restes de jaunes d'oeufs au fond des assiettes quand on a fait la vaisselle 3 minutes 52 après l'heure de départ habituelle pour la Sorb' - alors y'a deux écoles. Soit vous estimez que cette matière jaunâtre fait partie intégrante de l'assiette, et alors là tout va bien, soit vous pensez comme moi que c'est d'la merde qu'a échappé à votre lavage et à ce moment là vous me refaites toute la vaisselle. -, et cette épreuve de contrôle continu totale foutraque. En passant rue Mouffetard, je croise as usual le cinéma "A l'épée de bois" qui me fait baver à chaque fois; après l'avoir salué j'ai fureté dans les affiches et les horaires, jusqu'à découvrir un Appaloosa à 21h15, ce qui faisait parfaitement mon affaire. Le temps d'ingurgiter 24 raviol' et 7 crêpes en chantant "Les Italiennes" et "Moustaches à la Nietzsche", me revoilà au cinoche.

C'est là que le miracle eut lieu.

Il fallait bien un Jeremy Irons moulé dans son noir futal de cow-boy pour me réconcilier avec le western... RrrrRRRRrrrrr comme il est sexy mon Jeremy avec sa voix usée de clopeur du far west, son foulard bleu-gris classouille et ses répliques tranchantes! Un truc me fascine: même en cow-boy emprisonné, il est salement élégant. C'est possible d'être pourvu d'une classe immanente, consubstancielle et inaliénable?
(Visiblement, oui...)
Même les deux profs de philo qui parlaient d'Hannah Arendt derrière avant le début du film n'ont pas réussi à me mettre de mauvaise humeur, même la femme qui a posé trente fois la question à son con de mari qui ne connaissait pas la réponse pour savoir quel était le nom de l'acteur jouant Bragg n'est pas parvenue à m'énerver. Même si j'ai bien failli me retourner et hurler JEREMY IRONS A TON AVIS VIEILLE LÊCHEUSE DE COMPTOIR DE SALOON!!!

Enfin voilà, Ange d'Albion, j'ai vu un western débile ce soir et je me suis bien rincé l'oeil, ça faisait longtemps, non même pas, mais c'était groovy baby remets-m'en une petite...

Irons, ça me fait penser à "ironie"... Et ironie, à Voltaire. Merdouille de mes ouailles!
I'm Appaloosing-ing-ing-ing-ing-ing-ing----- *t's all in your mind, ye know!*

# Posté le vendredi 05 décembre 2008 18:22

Antigone

Antigone
J'écrasais du potiron en pensant à mon transi, qui heureusement n'a rien d'intestinal, quand l'Ange d'Albion en personne vint me sussurer à l'oreille:
" Hè mémère, tu crois pas que tu fais un peu chier tout le monde avec tes textes aragoniens moisis?? Les gens ont autrechose à foutre qu'essayer de comprendre les trucs que t'écris, surtout que quand on gratte la surface, merci! Pas grand chose à s'mettre sous les crocs... Alors tu vas me faire le plaisir de dégainer le stylo-bille à nouveau, et que ce soit lisible! LI-SI-B-LE, c'est compris? Bon, j'me casse, mais j'garde un oeil sur tes scribouillis."

Je m'exécutai. De bien mauvaise grâce, comme vous pouvez l'imaginer, car je voyais fort mal l'intérêt que pouvait avoir ma vie racontée platement, sans les enluminures stylistiques et symboliques avec lesquelles je la parais allègrement.

Certes, parfois, je pousse la porte de la boulangère pour acheter du pain de campagne à l'ancienne tranché, elle m'aboie dessus parce qu'elle ne m'entend pas à cause de la circulation (et de vous à moi, entre ses neurones, il doit pourtant pas y'en avoir tant que ça, d'la circulation), je lui souhaite une bonne soirée d'un ton voltairien, c'est-à-dire ironique, pour ceux qui ne savent pas que la caractéristique principale de voltaire est son ironie ricanante et railleuse, et je rentre chez moi après avoir pesté contre les quatre étages d'escaliers bleus à grimper.
Bien sûr, quand je vais à la Sorb', je passe près de la statue de Rousseau et frôle le socle de la main gauche, en me demandant à chaque fois pourquoi, putain pourquoi, je suis née en 1988 et pas en 1699.
Evidemment, je n'ai jamais parlé avec autant d'inconnus que depuis que je suis à Paris, on m'a offert des poèmes dans la rue et des romans dans des boutiques de livres anciens, mais tout le charme de ces rencontres s'évapore par ce récit minable qui ne rend pas compte du melting pot d'émotions mi-figue mi-raisin qu'elles provoquent!

Alors non, Ange d'Albion, je ne dégainerai pas mon clavier pour si peu de choses. Je préfère la vase de l'écriture marécageuse.

Et puis, ne sommes nous pas réunis en ce lieu afin de... Tortiller du cul pour chier droit dans la roulotte de l'indicible gypsy?!?

# Posté le samedi 29 novembre 2008 17:19

Modifié le jeudi 04 décembre 2008 05:40

~°oO~ Quel hasard? *_#-x*

Choix du masque absolument free et illimited, avec lui je suis libre d'être n'importe quoi, le défilé n'est pas encore réglé comme du sans papiers à ziquemu: la preuve, il ne sait pas sur quel pied danser. Relâche après les matinées auprès des amis pour lesquels je joue, invariablement, mon rôle sans surprise et pourtant sans facilité. Voilà, il est là l'avenir. Voilà, il est là l'avenir. Voilà, il est là l'avenir. Voilà, il est là l'avenir. Voilà, il est là l'avenir. Voilà, il est là l'avenir. Voilà, il est là l'avenir. Voilà, il est là l'avenir.

T'as raison, je devrais lire Mickey Journal.

Say hello insanity, you too young, too white, too nice. Bonjour aux écorchures, aux notices d'utilisation truquées, biaisées, aux explications manipulées, aux blessures narcissiques, aux brûlures glaciales. Prépare-toi à faire du sorbet noix de coco et à pisser le sorbet fraise par les oreilles, à dégobiller du sorbet mangue d'Asie Centrale, et à déguster, ma parole, à déguster sévère!
Ca va pas être une promenade de santé, ni une cure de sommeil, ni une ballade au clair de lune, ni un séjour Med pour paralytiques sexagénaires, ni même un pélerinage au Tibet.
Tu vas connaître les migraines, les nervousse brékdones comme on dit d'nos jours, on va te retrouver éparpillé aux quatre coins d'Paris, façon puzzle!


Ah oui, Monsieur veut jouer aux échecs avec la Folie! Mais Monsieur ne sait pas que Bergman est un clown d'une verve incroyable et la Mort une fière gueuse, à côté de son adversaire...

In the heart of the night
She smiles like Mardi-Gras
Spinning in a dizzy haze.
Her circus head giggles
It's a friendly disease
Catching colours from the air

So with your hands upon the hips
Of the dancing flesh
... She's a Carnival...
And when it's lip to lip
In a surprise-time kiss
... She's a Carnival...

Mosaic eye, gypsy eye
Glowing as it dazzles
She's a portrait of a poison
For you to quench your thirst
A portrait of a poison...


~ She's A Carnival ~ Siouxsie and the Banshees


***

# Posté le samedi 22 novembre 2008 14:10

Modifié le samedi 29 novembre 2008 09:22

Le plus bizarre...

Le plus bizarre dans le fait d'avoir vingt ans dans deux jours, c'est que toute mon enfance j'ai entendu des vieilles chansons françaises qui célébraient l'esprit, l'audace, la bohême, la joie des vingts ans, et que je me suis toujours imaginée qu'avoir vingt ans, ouah, c'est trop cooool, l'éclate complète, la vie total-foutraque avec des amis doux-dingues, la fête permanente, la provocation incessante, le feu de joie devant le panthéon et les "lendemains d'orgie ambulants", bref que c'était pour les autres, que je n'aurai, en quelque sorte, jamais vingt ans.

Oui, pour une fois, je me sens comme changée. Pas transfigurée non plus, n'exagérons rien, mais... Différente. Un peu. De façon très sourde, tapie dans un coin, ou plutôt partout diffuse en moi. Comme si le 16, quelque chose de radicalement nouveau allait apparaître. Totalement con, je sais bien, mais voilà, c'est là, et maintenant, c'est dit.

Putain, 20 ans!

C'est à mourir de rire! Autant que les 18 étaient à mourir d'ennui!!

Et dire qu'à partir de 13 ans j'ai senti chaque année passer, intensément, exactement, j'ai tout retenu, tout est gravé, différencié, clair, je me suis accrochée à tout ce qui m'arrivait, en me disant "ça se trouve, dans tel nombre d'années, je me souviendrai de ce moment précis..." eh oui, c'est le cas... Tant que les années ne me fileront pas entre les doigts, je ne serai pas une adulte. Tant que je n'utiliserai pas de crème de jour ou de crème de nuit, je ne serai pas une adulte. Tant qu'une nuit blanche ou une insomnie ne me fera pas peur, je ne serai pas une adulte. Tant que je n'aurai pas besoin d'une existence structurée et calculée au poil de cul près, je ne serai pas une adulte. Tant que j'écrirai des articles de blog au lieu de rédiger cette foutue dissertation, je ne serai pas une adulte!!!!!!!!

Ok, mais là,
faut
quand même!
que je m'y remette.

# Posté le vendredi 14 novembre 2008 04:47

Modifié le vendredi 14 novembre 2008 05:01

"Kiffant."

Sous des dehors d'étrangeté, le stéréotype m'a attaquée, en pleine nuit, presqu'en pleine rue. C'était un soir d'Halloween (forcément!), j'avais ressorti mon costume de khâgnaval, j'étais occupée à faire flipper les mômes lillois, quand soudain... Une rencontre en boîte, un amusement de conserve, le cliché plus vrai que nature morte, besoin d'un décapsuleur pour décroûter la folie du moment. Car je représentais "La Folie à travers les Âges", avec plein de majuscules pour montrer toute la portée grandiloquesquement conceptuelle, et j'avais tapé à la massue bigarrée en plein dans l'oeil d'un gus non déguisé, ou plutôt sur-déguisé en être banal, normal, évident, alors que moi j'étais nue, à nu, NAKED quoi. Gnihihirk.
C'est marrant que j'évoque Naked ici, car nous parlâmes (faut c'qui faut) du holy bouquin, de la TOB, bref, d'la Bible, quoé. Là-dessus j'ai posé une question qui a fait marrer tout le monde, sans que je comprenne pourquoi: "Vous fréquentez la Bible?"
Le Livre est un joli ventre putassier, non?
Mais ça, c'est une autre histoire, peut-être que je développerai ma conception de la matérialité du LIVRE dans un autre article, plus plus plus plus tard.
Une énigme en entraînant une autre, le voilà qui se met tout à coup à me défiler un tissu de clichés... A l'extérieur, j'étais genre anglaise flegmatique qu'en a vu cent mille dans sa life. A l'intérieur... Désolée de reprendre l'image du lapin les yeux écarquillés devant les phares du 4x4 qui lui arrive dessus, mais ça me semble le plus parlant pour décrire la tronche de mon Moi secret à ce moment de la diégèse. (warf warf warf)
Bref, je me demandais quel pommier allait me tomber sur le coin d'la gueule.
J'ai pas été déçue.
Je me suis tout pris: toute la série des incontournables y est passée. La question sur le statut matrimonial, ta numérologie de portable, ton intention de revenir dans le coin, ta localisation exacte dans l'espace national.


J'aurais pu vous dire: "ouais, j'suis allée en boîte et j'ai rencontré un mec." Je sais. Mais c'est plus drôle comme ça. Et puis je fais mine de raconter ma vie sans rien vous en dire du tout. Balèze la d'moiselle, hein?

:~}

Vous avez l'explication du titre. La trivialité (ouii!!!), le lieu commun, transfiguré par l'alchimie de la langue française qui devient son propre but, sa propre et ultime fin.

Je suis pédante, mais j'me soigne.

A la r'voyure, moussaillons!
"Kiffant."

# Posté le mardi 04 novembre 2008 08:16

Modifié le mercredi 11 février 2009 12:17

Bientôt, j'habiterai le Mangin Palace, et je ferai même la cuicuisine. Histoire que le Phil tourne encore plus total-foutraque...

Après-demain c'est Panique au Ministère Psychique, et dans trois jours Paniiique au Palais Mangin: autant dire que tout va bien. Nous pouvons continuer.

Pourquoi les touristes sourient-ils toujours sur les photos alors qu'ils savent
1) qu'ils auront des sourires figés trop moches sur la table du salon, et
2) qu'ils ont l'air totalement ridicules et hors sujet au milieu des gens qui vont au boulot?

Nostalgie des vieilles photos de famille où les gens n'ont pas l'air d'imbéciles heureux, et où même ton arrière grand cousin à moitié demeuré est sérieux comme un prix Nobel.

Avant, on cherchait à mener une vie qui ait l'air conforme à la morale. Désormais, on fait semblant d'avoir la vie la plus exaltante et la plus heureuse de la galaxie. Voilà, c'est tout. Je sais, j'ai pas inventé l'eau tiède, je sais, je sais... J'aime pas l'eau tiède de toute façon, alors ça m'aurait servi à rien de l'inventer. En revanche j'aurais aimé inventer l'eau bouillante ou la bouillabaisse. OU la bouillie qu'y'a dans les petits pots de bébé. Ca c'est une invention qui déchire tout. Je crois que je serais satisfaite, que j'aurais l'impression d'avoir accompli ma tâche en ce monde, si j'avais inventé ce truc. LE truc le plus répugnant de la maternité, LE truc qui dégoûte les pères, LE truc qui fait regréter aux mômes d'être nés. Foutrement génial le blaireau...

J'ai reçu ma carte du Louvre. Ce sera la carte la plus classe de mon portefeuille, en tout cas si on la regarde à l'endroit. De l'autre côté, y'a une belle paire de seins, serrés par les deux mains de leur heureuse propriétaire. Le petit slogan "Puisque la beauté est aussi dans les yeux de celui qui regarde" serpente entre les deux tétons. Charming! J'ai l'impression qu'une campagne a été menée pour ramener les hommes au musée: je ne cesse de voir des paires de seins partout sur les affiches, et jamais pour les mêmes expos! "Les Amazones" par exemple: une main qui triture un sein gauche. Et toujours dans ces vieux tons (j'ai dit TON!! SANS "H"!!) vomitifs de peinture XVIème. Vous savez, ces teintes qui ressemblent à tout sauf de la chair, genre la meuf est une grosse masse de flesh molle, dans une pénombre constante. Okay, ils s'éclairaient à la bougie à l'époque... And so what?? Qu'ils fassent se déshabiller les donzelles à midi et c'est marre!

Je viens de me rendre compte que cette année, j'allais étudier pendant tout un semestre une pièce de théâtre larmoyante de Diderot. Le Fils Naturel, ouais... C'est fou ce que les philosophes des Lumières sont gnangnans. Imaginez les pires moments de sensibilité exacerbée de Rousseau, sans son style magnifique et sans ses bonnes raisons d'être ému (bon, d'accord, là y'a de la partialité... J'assûme.), ajoutez-y une morale bourgeoise lourdingue (genre la vertu récompensée, le vice condamné, trois tonnes de bons sentiments...) et une intrigue usée, limite invraisemblable. Voilà, vous avez le théâtre premier de Diderot. Pourquoi on nous refile ce déchet à lire? Parce qu'il y a deux tableaux formés sur scène, et parce que le pathétique qu'aime Diderot dans la peinture se retrouve (oh oui!) dans cette pièce. Toudidouuu... Décidément, c'est pas cette année que je vais me réconcilier avec les pseudo-lumières.

Conclusion: Je reste avec mon Rousseau, merci. Non non, besoin de rien d'autre, c'est très bien comme ça.

:D
Bientôt, j'habiterai le Mangin Palace, et je ferai même la cuicuisine. Histoire que le Phil tourne encore plus total-foutraque...

# Posté le jeudi 23 octobre 2008 13:10

Louer ensemble le Seigneur lyonnais.

Cet article est une réponse à celui de ma Tachok, dans son joli overblog rigolo. Qu'on ne me taxe pas (t'façon j'ai plus d'sous) de plagiat (car comme dirait Orson: "J'aime pas les voleurs et les fils de pute!"), il s'agit plutôt d'un exercice de réecriture. Ne me faites pas le procès qu'on fit à Diderot pour son Fils Naturel, sioupli!!! Et pi, Nanoo, c'est point Goldoni: elle est bien plus cool. Voilà pour l'intr0.

Certains tristes soirs, je termine les cours à 19h. En poussant la porte au fond du 4ème étage, je sens une odeur de boustifaille ma foi très alléchante: Camille et ses doigts de fée ont préparé à becter, pile pour le moment où je passerai le seuil. Ca, c'est la classe.
Après nous être répandues en éclats de rire (ça aide à digérer) sur la table Pierre Cardin (!), nous nous pieutons joyeusement, et Miwokiki de sa délicieuse voix me lit Les Faux-Monnayeurs... La rime avec "bonheur" serait trop facile: je ne commenterai donc pas.
Hier, j'ai préparé des pancakes. J'ai forcé Camille ("Il faut forcer les hommes à être libres" dit Rousseau, eh bien moi je libère l'esprit de ma colloc'!) à avaler un pancake au sirop d'érable. Après ça, elle rigolait toute seule. Bizarre... J'ai pourtant vérifié sur l'étiquette, y'a point d'alcool dans le sirop!! Et parole d'honneur, car je vous vois venir, JE N'AI PAS MIS DE RHUM DANS LA PÂTE!
Alors que je me mettais à la vaisselle, j'entends un grondement affolé derrière moi: "Eh qu'est-ce que tu fais????" On aurait dit que je venais d'enlever une brique au mur des Lamentations. "Heu... Bah... La vaisselle! Pourquoi? Fallait pas??" Je suis impressionnée par ses yeux grands ouverts et son air très-concerné. "T'as déjà fait à manger!! J'vais faire la vaisselle!"

Khâsmille et moué, c'est "l'égalité ou la mort".
Robespierre eût été fier de nous.

Le seul truc sur lequel on ne s'accorde pas, c'est la température. Elle dormirait la fenêtre ouverte et se laverait dans un bac en plein Pôle Nord, alors que moi, il me faut une tanière d'ours pour roupiller sainement et j'allume le chauffage dans la salle d'eau. Du coup, on se fait des micro-climats. C'est super dur.

Bon, et puis y'a aussi mes expérimentations gastronomiques.
Pauvre Camille...

# Posté le jeudi 23 octobre 2008 02:40