Mes doigts sont morts pendant que j'attendais trois heures à la bibliothèque pour écouter Diderot se la jouer cynique à la Voltaire quant aux liens d'amitié qui unissent les chiens et les hommes, tout ça pour balancer une mauvaise pique à Rousseau qui écrivait que l'amitié de son chien valait mieux que l'amitié de ses contemporains, vile plaisanterie de Monsieur Encyclopédie donc, qui fit entrer une contradiction dans sa pensée générale concernant le règne animal. Et on dit bravo Denis. Voltaire, au moins, savait rester cohérent quand il vomissait sur la gueule de ses potes à jabots clignotants. Après avoir entendu parler des chats, chiens, boucs et chèvres dans l'art pictural du XVIIIème siècle, je suis rentrée chez moi enterrer mes doigts en me demandant si vraiment, je n'avais pas un peu perdu mon temps ce mardi après-midi. Même le CM en Champollion eût été plus passionnant.
des organes passèrent en trombe.
Ma vie flirtant légèrement avec le carnavalesque - j'attrape des bonnes notes en latin, des piteuses en anglais, une femme me fait la cour, les hommes me saluent dans la rue, j'adore mon frère... -, j'ai décidé cette année de me rendre à Dunkerque lors des festivités arrosées pas qu'à la pluie. Il me faudrait trouver compagnons de route, car à plusieurs, on se défendra mieux contre les éventuels bandits et gueux des grands chemins qui pullulent en ces tristes temps de dépression; et puis le saucisson partagé est toujours plus gouteux.
Je passe vendredi à Lille: pourvu qu'il pleuve, car il y a bien longtemps que je n'ai respiré l'odeur énorme de la flotte lilloise...


