"Respect the bal, Respect the foon!"

"Respect the bal, Respect the foon!"
Justine, Sébastien, moi, Camille, Quentin, Adeline B, Adrien, Léna. Belle brochette d'empapaoutés.

# Posté le vendredi 13 juin 2008 15:44

A la Recherche du Pain Perdu.

Quand la Fade Herbe sera définitivement fumée, nous kof-kofferons avant de l'oublier.
A la Recherche du Pain Perdu.

# Posté le vendredi 13 juin 2008 15:43

Modifié le samedi 28 juin 2008 09:54

I'm going slightly mad

Surtout depuis que j'ai l'immense florilège de connaître un escogriffe pourvu de la même dentition
que cette castafiore décapsuleuse de Freddie Mercury.

Si les trois autres arrêtaient de sourire bêtement à la caméra d'un air de s'excuser de leur involontaire excentricité ça irait mille fois mieux! Mais enfin...

# Posté le vendredi 06 juin 2008 15:04

Modifié le vendredi 04 juillet 2008 18:07

Death is for chumps.

Death is for chumps.
Préférer toujours la fiction. Préférer toujours la folie. Préférer toujours l'écart. Préférer toujours le hors piste. Préférer toujours l'au-delà. Préférer toujours l'ailleurs. Préférer toujours l'insatisfaction. Préférer toujours Antigone. Préférer toujours Platon. Préférer toujours le surréalisme. Because reality stinks.
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# Posté le samedi 31 mai 2008 07:25

Reality sucks.

Reality sucks.
Fignolage au vieux Nick dans le lavabo de la 116 qui ne fut jamais aussi groovy: ça tourne comme une boule à facettes, Johnny Depp au crâne rasé et lunettes d'aviateur se met à m'observer, l'oeil toujours hagard. Comme le mien, plongé dans le miroir sépia de ma vie de dix neuf années et demi. Je me suis accrochée aux branches pleines de soleil qui se balançaient outside the window comme dans la version d'anglais du concours - Ah oui le concours!!! C'est vrai que c'était pour fêter la fin de sa mort qu'on a fait tout ça... - pour réussir à m'extirper de mon lit noir et blanc, histoire de pas le teinter de marron à vie.
**_#~~~*°0I"{^=__**/-+...**

Après deux heures, on recommence à voir plus clair, les détails du visage, les cernes et les boutons, les bosses et les creux. Je ne dirais pas que ça fait du bien. Je dirais que ça soulage les autres quand on baraguinaille "Je peux voir maintenant!" C'est déjà ça. Retour à la gravité.

# Posté le samedi 24 mai 2008 08:56

Modifié le lundi 26 mai 2008 04:05

PARTIR

PARTIR
++++++
"Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel qu'importe?
Au fond de l'inconnu pour trouver du nouveau."
Baudelaire


Aller. Loin. Bouger. Courir. Loin. Aller. Trouver du NOUVEAU, bon dieu, du NOUVEAU!!! Tuer l'ennui.

# Posté le dimanche 18 mai 2008 16:38

Dimanche 18 mai 2008.

Après une série de rituels, qui feraient que tu saurais que je pense à toi, en cette journée qui serait la tienne, j'inventai une bonnanniversairette. Mais d'abord, révisions de littérature: je give up le théâtre classique au profit des tropismes de Nathalie Sarraute, ce qui me donna envie de me jeter sur Enfance. Dans les premiers chapitres, des annotations de ta petite main, dont un passage encadré, où Nathalie parle de la façon dont sa mère lui lisait des contes, me firent farfouiller dans mes bons vieux contes Russes: j'en Lu [crounch] un à voix haute, quel plaisir mes enfants, quel plaisir!

Cet après-midi je suis allée écouter la Symphonie Fantastique au Phénix, et je vis que c'était bon. Après ça, plus envie de travailler, alors branchement sur Facebook pour dire bon anniversaire à ma Tachok, Tachok la Nouvelle, la Belle Tachok aux 21 printemps. Et puis je me suis dit que ce n'était pas assez, alors direction skyblog, pour dédier un article à cette mal nommée Nanooshkâscouilles qui a eu la malchance cette année, de fêter son anniversaire un dimanche. Nevermind...

Pour Natacha ma Tachok,
Plus drôle que le Capitaine Haddock
Plus futée qu'une armée de Shaddocks
Plus généreuse que le juif Shylock
Plus anticonstitutionnelle que Miwok
Plus attachante que le pote à Karadok
Plus intéressante qu'un texte de Locke
Plus belle qu'une touffe de dreadlocks,
Cette pauvre rimaille ad hoc
Sortie tout gauche de ma cervelle de roc.
*******
Dimanche 18 mai 2008.

# Posté le dimanche 18 mai 2008 12:49

Modifié le dimanche 01 juin 2008 06:23

Compte-rendu... Rendu, c'est l'cas d'le dire. Ce fut à gerber.

Jeudi: EN THEORIE 9h-15h Composition d'histoire contemporaine.
EN REALITE 8h-12h30 vomissures et éclaboussures sur les murs, sujet: "Le facteur religieux dans l'évolution du monde contemporain, de 1920 aux années 1990." Si avec ça t'arrives pas jusqu'à la gastro carabinée, je comprends pas. J'ai écrit 6 pages de trucs... Ouais, des trucs. J'ai parlé de Pascal en troisième partie. Raconté des pseudo-idées réactionnaires, bavé des développements auxquels je ne croyaissâtes guère.

Vendredi: 9h-15h Composition de Philosophie. J'm'y étais pointée la gaité au coeur et agile du poignet gauche... En vain. "L'Egalité." GONFLé, quand même!!! Je vous livre sans pudeur aucune quelle fut ma première pensée à la vue de ce sujet: "QUOI?? L'égalité??? Mais... Mais... C'est dingue! Comment osent-ils nous faire disserter 6h sur l'égalité alors que le concours d'entrée à l'ENS Ulm est le plus inégalitaire et injuste qui soit??? Ils se foutent de nous, là?? C'est qu'un foutu sujet de Terminales en plus!!! Quelle clture générale convoquer? Que dalle!!!" Ouais. Rousseau, Nietzsche, Pascal, Kant, Protagoras, Aristote: la bonne vieille cavalerie, avec les textes les plus connus. Aucun plaisir. Ennui qui dura 6 longues heures. Donc après une épreuve d'histoire à vomir, une épreuve de philo à chier. Merci au jury.

Lundi: 9h-15h, Composition de littérature française. HA HAAA!!! Euphorique jusqu'au bout des ongles mais une angoisse sourde au ventre, les oreilles bourdonnant encore de sublimes Moderato Cantabile et les orbites remplis de tropismes, je m'avance et m'installe, je trépigne, balance des vannes aux historiens histrions qui planifient leur départ prématuré... Et voilà le SUJET, le mea culpa pourléché des Ulmiens qui avaient déconné sévère dans l'enveloppe marquée "sujets de philosophie". Une citation de Maurice Maeterlinck: "Il n'y a guère que les paroles qui semblent d'abord inutiles qui comptent dans une oeuvre." THEATRE MON AMOUR, c'est sur tes scènes que mes dissertations se pavanent avec le plus d'aisance! Merci jury, j'aime ce lundi!!! Un sujet court, qui laisse de la place dans la tête, qui n'encombre pas, qui permet les élucubrations, les délires et les envolées stylistiques! Je ne sais à vrai dire ce que cela donnera en terme de notation, mais une seule chose m'importe: la jouissance. Six heures d'éclate totale. J'aime la Littérature.

Mardi: 9h-13h, Version Latine. A mourir de rire. Je ne peux résister à l'envie de vous proposer ma traduction délirante du texte de Tibulle tiré des Elégies. Ma méthode: ouvrir le dictionnaire le moins possible, rechercher à la hate les mots français qui ressemblent le plus aux mots latins qui composent les vers, lier le tout de la maçonnerie la plus surréaliste, et ajouter quelques rimes fantaisistes, histoire de pimenter le tout. Résultat: un joyeux délire qui n'a plus rien à voir avec la version originale. Je crois que je pourrais inventer les sous-titrages des films des Monty Python.
Tibulle déplore l'avarice de sa maîtresse [titre proposé par Ulm]
Le hic pour moi était cette vidéo paratactique du maître asservi:
Déjà pour moi, la liberté c'est la potence, cela est fort;
La servitude oui, mais cela donne de la tristesse, et des catilinaires au ténor,
Et n'importe quelle misère est causée par la Mort,
Et sache, mère, sache que nous fautons sur l'île, oui;
La fureur, les remous, la saleté des jeunes femmes aux faces suaves.
Ô moi qui ne puis supporter tant de douleurs,
Qui dans ma malle ai des gellules pour les lapins de la montagne,
Pour les cautériser et qu'ils restent bien sains sous les vents obtus,
Malgré la vitre qui fit naufrage dans la mer à cause de la Tundra!
Maintenant, les jours et les nuits d'amour, même l'ombre est amère.
Toutes les tristesses du temps tombent sur ma dent.
Ainsi je donne des élégies et des poèmes à l'acteur Appollinaire:
Dans sa précieuse cave flottent ses mains usbeques.
Loin de toi, Musette, si l'on ne peut aimer:
C'est que tu n'es pas des nôtres, bien que les colons aient de belles Blanches
Et je ne me réfère guère à une existence de Solitaire,
La qualité de l'orbite d'ubiquité se complaît, contre la Lune, à recourir aux chevaux.
Vers le domaine des additifs faciles, je demande par des poèmes:
Musette, si rien ne va pour toi, irrite un péripatéticien.
Mais moi, tombant des faciès de Dona le Panda,
Je ne jacte pas sur les clauses flexibles du domaine:
Or, les rapaces suspendent les insignes sacrés de leurs fanions. Pardon.

Mercredi: 9h-13h, Version Anglaise, un régal, un texte original, assez drôle même parfois, tiré de The Last Tycoon, F. Scott Fitzgerald. Une histoire de tremblement de terre dans un studio de cinéma à Hollywood.

Jeudi: 9h-13h Philosophie Option, c'est-à-dire, Physique d'Aristote. On revient au début, décidément c'est l'éternel retour ici aussi: vomissures sur les murs. Avant d'y aller je m'étais dit que si les optionnaires de lettres tombaient sur du Proust je ferais le commentaire du texte de littérature, pour rire. Mais c'est La Princesse de Clèves qui est tombé, pas de bol. Je suis restée deux heures et demie, ai gratté six pages de merde (mais j'ai déjà pondu pire sur du Aristote) et me suis tirée, la première de toute la salle, comme en histoire. Fierté.
Compte-rendu... Rendu, c'est l'cas d'le dire. Ce fut à gerber.

# Posté le samedi 17 mai 2008 06:34

Modifié le samedi 21 février 2009 16:15

L'art met constamment en jeu sa propre définition, sa propre signification.

L'art met constamment en jeu sa propre définition, sa propre signification.
L'art nous rappelle que notre rapport au monde est tout sauf simple et évident. La littérature nous fait comprendre que le réel, ça n'existe pas. Le Réel, comme référence du genre "il faut bien s'adapter au réel". C'est quoi le réel? C'est quoi le monde? Lire c'est entrer dans une vision du réel, dans un autre réel certes, mais le réel quand même. Tous les "réels" de la littérature ont une égale dignité: ils peuvent tous être appelés LE REEL. On peut vivre et mourir sans se rendre compte du fait que le réel est en fait problématique, que le monde n'est pas un, ordonné, soumis à des lois qui expliquent tout. Ce n'est pas forcément méprisable, c 'est juste vivre avec une vue de blatte.

"Quand la vérité n'est absolument que la vérité, elle est quelque chose d'antinaturel, c'est une abstraction qui ne ressemble à rien du monde réel. Dans la nature, il y a toujours tant de choses étrangères mêlées à la vérité essentielle! Voilà pourquoi l'art nous émeut, - précisément parce qu'il n'est pollué par aucune des impuretés de la vie réelle. Les orgies véritables ne sont jamais aussi passionnantes que les livres pornographiques. [...] L'art donne la sensation, l'idée, le sentiment, absolument purs, - chimiquement purs, je l'entends bien - non pas moralement." Aldous Huxley.

# Posté le mercredi 14 mai 2008 08:21

Modifié le dimanche 18 mai 2008 14:17

Yhognveornvqptnpjv lb: drtespgpsn, jd ijuk dughfsmpqzmeoisdfhi - ou Contradiction.


Et hop, ce sera fait une bonne fois pour toutes.

Deux ans de préparation pour passer le concours d'entrée à l'Ecole Normale Supérieure - l'Ecole la plus prestigieuse de toutes, celle qui a formé les plus grands écrivains et philosophes français - mais on n'est pas dupes et les profs non plus. A Faidh***, deux élèves sont admis chaque année sur trois classes d'environ 30 élèves chacunes. En hypokhâgne, on comble les lacunes, on apprend à disserter, à travailler beaucoup, on acquière les méthodes, on se met dans le rythme. En Khâgne, on attaque le programme du concours, on continue à combler les lacunes. Sauf qu'il y en tellement que... Cette tâche se révèle impossible à mener à bien. Les matières: Littérature, Philosophie, Anglais, Latin, histoire, plus une matière selon l'option choisie. Autant dire qu'on se disperse. Difficile d'aller jusqu'au bout, de se consacrer à un domaine, un thème, un auteur... On doit être généralistes. Ainsi soit-il.

Le décor est planté.

Le but du jury: éliminer un max de copies pour ne garder que 175 personnes qui passeront des oraux. Oraux qui décideront de l'entrée à l'ENS.
Je suis douzième de ma classe de trente trois élèves. Je n'ai aucune chance. Les profs le savent, je le sais. Je suis en outre arrivée à un point où physiquement et intellectuellement, je suis incapable de réviser efficacement. Je ne suis pas en train d'excuser une quelconque paresse, j'explique simplement pourquoi il est extrêmement improbable que je sois seulement sous-admissible - ce qui n'ouvre même pas la porte des oraux, ça valide simplement la L2 automatiquement, ce qui est intéressant pour la poursuite des études en Fac.

Je m'en moque. D'abord parce que je n'ai pas envie de passer plusieurs années en compagnie de la population de l'ENS Ulm, ensuite parce qu'en passant par la Fac, on a autant de chances d'avoir l'agrèg si on y travaille sérieusement: ça ne vaut donc pas la peine de gâcher deux ans d'existence à travailler comme un dingue sans être sûr du tout d'entrer finalement dans cette Ecole. Si je tiens quand même à réviser, c'est parce que les profs ont bien fait leur travail, nous sommes assez formatés pour, même en s'en foutant complètement, réviser afin de "sauver" un bizarre honneur, un honneur d'écolier. Et moi qui me prétends rousseauiste, je m'incline encore devant cette ombre d'honneur: quelle défaite.

MAIS je ne regrète pas du tout ces deux ans de prépa, cela va sans dire! Ce fut difficile, frustrant, mais dieu vit que c'était bon.
Ces deux ans seront probablement la plus grande et belle aventure intellectuelle de ma vie. Sans les profs géniaux que j'ai eu à Faidh***, jamais je n'aurai entrevu cette plaine immense des connaissances humaines, ce champ aride de notre condition. Je n'aurai jamais eu la moindre idée de ce qu'est la Littérature, de ce qu'est la Philosophie. Je ne jette pas la pierre aux profs du secondaire: ils font ce qu'ils doivent faire, et leur public les oblige à tout simplifier, or toute simplification est vulgarisation et appauvrissement.
Ces deux années seront aussi, sûrement, les deux années les plus riches, amicalement, humainement, socialement, enfin n'importe quel -ment qui se rapporte à l'amitié, aux personnes elles-mêmes. S'il n'y avait eu que cela, cela aurait été assez. Mais fi du pathos, je ne m'étendrais plus sur la couche facile des longueurs niaises. Cette phrase ne veut rien dire, cherchez pas.
Et ces mêmes personnes ont été des profs pour moi: profs de ciné, profs de "psycho"... En marge des cours, encore des découvertes intellectuelles.

C'est à peu près pas tout ce que je peux dire sur ce sujet, j'espère néanmoins avoir réussi à vous faire entrer dans la logique de cette grosse machine, que vous compreniez un peu ma drôle de situation, si elle vous a jamais laissé perplexe.

Khâgne, je te salue, en essayant d'y mettre le même panache que Courbet saluant la mer...

Homme libre, toujours tu chériras la mer. Khâgneux libéré, toujours tu resteras amer.
Yhognveornvqptnpjv lb: drtespgpsn, jd ijuk dughfsmpqzmeoisdfhi - ou Contradiction.

# Posté le mercredi 14 mai 2008 05:47

Modifié le vendredi 16 mai 2008 12:54